Lundi 4 juin 2012 1 04 /06 /Juin /2012 00:27

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La visite du président russe en occident, au-delà des profondeurs diplomatiques pas toujours aisé à sonder, aura montré, encore une fois, l’opposition des conceptions du monde entre les dirigeants occidentaux et leurs homologues des autres parties de la terre. En tout cas, à l’occasion de la conférence de presse que le président russe, Monsieur Poutine et le tout nouveau président français, Monsieur Hollande, ont donnée à Paris, ce vendredi 1er juin, on a compris, nonobstant les tournures diplomatiques, que les dirigeants occidentaux s’accrochent toujours à l’idée d’être les maîtres, disons les propriétaires, de toute la terre, et que les autres doivent se plier à leurs choix et désirs, ce à quoi le dirigeant russe n’a pas manqué de marquer son opposition.

 

Monsieur Hollande, à l’image des autres dirigeants occidentaux, est convaincu d’être celui qui décide pour les Syriens :

 

Les deux présidents ont certainement parlé des questions qui les préoccupent pour le bonheur de leurs concitoyens et, avant de se séparer, ils ont donné la traditionnelle conférence de presse de fin de visite. Comme il fallait s’y attendre, la question de la Syrie a eu une bonne place lors de cette conférence. Ce fut l’occasion, pour le président français, de réaffirmer les positions qui ont fait dire à certains observateurs que son prédécesseur, M. Sarkozy, était un va-t-en guerre.

 

C’est en effet, le précédent président français qui était en première ligne lors les massacres en Lybie, pour lesquels, même si on peut imaginer aujourd’hui, avec l’argent de Kadhafi qu’il (Sarkozy) aurait reçu pour sa campagne de 2007, qu’il avait des raisons personnelles de vouloir la mort du guide libyen, on est en droit de se demander quelle folie assassine a bien pu amener des dirigeants d’Etats à décider de ce qui s’est passé dans ce pays d’Afrique?

 

Les intérêts géopolitiques devaient pourtant incliner à procéder autrement : la Libye est actuellement à feu et à sang, et tout le monde en occident, journalistes compris, se tait, suprême  lâcheté, eux qui adorent parler de tout…C’est la même histoire avec l’Iraq, l’Afghanistan, et la Côte d’Ivoire, ces  pays où la prétention des occidentaux à régenter le monde a conduit à des abus parfois inhumains.  On aurait dû procéder autrement, et seraient évitées toutes les tueries. Mais les occidentaux n’en font qu’à leur idée de se prendre pour les propriétaires de l’humanité, au point d’imposer leurs désirs et volontés, au risque de conduire ce monde, qui nous appartient à nous tous, à sa perte.

 

Pour Monsieur Hollande, la seule issue à la crise syrienne, c’est le départ du président  Bachar El Assad, un préalable avant une transition politique ! Et il n’exclut pas les moyens militaires. Evidement, c’est bien facile de vouloir la guerre chez les autres, pendant qu’on est tranquille chez soi ... Qu’en pensent les Syrien ? Aucune importance pour le dirigeant français, à l’image de ses compères d’occidents. Pour ces gens-là, si des populations se soulèvent et constituent une rébellion dans un pays en dehors de l’occident, les dirigeants légaux et légitimes de ce pays doivent se retirer au profit des rebelles, ou de personnes choisies par eux, les occidentaux. On les a vus se gargariser des troubles dans les pays arabes, troubles qu’ils ont parfois récupérés pour leurs ambitions hégémoniques. Chirac, ex-président français, déniait aux Africains le droit à la démocratie. On dirait aujourd’hui que tous les dirigeants occidentaux, à commencer par ceux des USA,  ne croient pas, pour les pays en dehors de l’occident,  à l’utilité de la démocratie au sens où elle existe en occident, à savoir l’établissement de lois et règles, fondées sur une Constitution, que tous dans un Etat doivent respecter. La rébellion, révolte contre l’ordre ou l’autorité, a partout en dehors de l’occident, le soutien, l’appui, des dirigeants occidentaux, un soutien malsain, sous le prétexte hypocrite, malhonnête, de protéger des populations.

 

Et pourtant, les rebelles ne sont jamais qu’une minorité de personnes mues par des visées anarchistes qui ne roulent que pour des intérêts égoïstes. Comme s’ils prenaient tous les habitants de la terre, pour des idiots, les dirigeants occidentaux ne font qu’imposer leurs choix, qui s’avèrent (presque) toujours nuisibles pour ceux qu’ils prétendent « aider ». S’ils étaient vraiment positifs, les occidentaux, au lieu de faire des injonctions aux dirigeants des autres parties du monde, ils devraient contribuer à mettre fin aux rébellions et insister sur l’application des lois, le respect des droits, partout. Ce serait alors une approche intelligente, beaucoup plus utile pour l’avancée de ce monde, bien plus que ces actes et discours brutaux et outrancièrement prétentieux à l’endroit des autres.

 

Pour Monsieur Poutine, personne ne peut décider à la place des Syriens de ce qui est acceptable pour eux :

 

Le président russe a indiqué à Paris qu’il n’est pas évident que ce que veulent les occidentaux soit ce que veulent les Syriens. Il signifie ainsi la démarcation entre la vison des occidentaux et sa vision à lui. C’est, dans le fond le même discours qu’il a tenu à la Chancelière allemande. Ceci est plus proche de la réalité des aspirations de l’humanité ! S’il ne s’agissait que du simple droit à la différence, on serait encore plus proche de l’humanité. Car enfin, quelle est cette manière de vouloir formater le monde à leur image ? Pourquoi croient-ils que tous les êtres humains seraient heureux de vivre dans une société univoque, où par exemple, comme cela semble la tendance chez eux, les hommes se marieraient avec les hommes et les femmes avec les femmes ? Le droit à la différence, concept qu’ils brandissent pour défendre des déviations, ne serait-il valable que chez eux et pour eux ?   

 

Et Monsieur Poutine de rappeler, en répondant à la question d’un journaliste, qu’il se passe, dans des pays où les occidentaux ont agi sans discernement, selon leurs choix et désirs, des drames épouvantables : Iraq ! Afghanistan ! Lybie ! Et moi j’ajoute volontiers la Côte d’Ivoire…Et personne ne semble s’en soucier. Lorsqu’on lui pose une question sur le déroulement du championnat européen de Football en Ukraine, allusion au boycott du gouvernement français, il déclare qu’il sait bien que l’ex-Premier Ministre de ce pays est en prison, accusée d’avoir signé des contrats jugés illégaux avec son pays, mais il refuse de mêler la politique au sport !

 

Affirmation nette, encore une fois, de la différence ! Il est peut-être temps que les occidentaux comprennent que ce sont les différentes couleurs des fleurs qui fait la beauté du jardin. Les hommes sont et doivent rester différents ! C’est ainsi que Dieu, oui, Dieu, a conçu l’humanité ! Les choix des occidentaux sont peut-être bons pour eux, et c’est tant mieux ! Mais ces choix-là ne sont pas forcément ceux des autres ! Et puis, ils ne sont pas les propriétaires de ce monde, à vouloir tout faire subir à tout le monde ! Ils devraient réaliser, enfin, qu’ils ne peuvent pas tout le temps, tout imposer partout. Pourquoi ne peuvent-ils pas comprendre que ce qui est imposé reste forcément temporaire. Seul ce qui s’impose est permanent, tels l’amour, la vérité, la justice.

 

Le monde à l’ordre de l’occident est un monde où sont imposés les choix des plus forts( ?) d’une époque. Ce monde-là est assurément sur le déclin. C’est un monde fini ! C’est bien dommage que le nouveau président de la France ne l’ait pas compris. Il s’est fait élire sur le thème du changement : il gagnerait à commencer par changer de vision, de conception des relations internationales, les relations entre les Etats, les nations, les peuples !

 

Que Dieu nous nous accorde miséricorde et grâce.

 


                                                                      BEDI HOLY 

Ancien Directeur National

de l’alphabétisation  

de Côte d’Ivoire 

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Dimanche 3 juin 2012 7 03 /06 /Juin /2012 22:02

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Horreur dans la forêt du Banco: Enlevé le 08 mai et quotidiennement torturé dans la forêt du Banco, il a miraculeusement retrouvé l’air de la liberté le 18 mai. Grâce à l’apparition providentielle de l’ONUCI. Au moment où le gouvernement projette d’évacuer les espaces verts secrètement militarisés, un rescapé de camp de concentration, malgré la peur, nous a conté son cauchemar de dix jours, espérant que plus personne, après lui n’en sera victime

 

 

A l’abri de toute indiscrétion, au cœur du joyau environnemental d’Abidjan, la forêt du Banco, se déroulent des choses insupportables. Là-bas, la journée commence toujours dans la douleur, se coule dans la maltraitance et s’achève quelquefois dans l’horreur. Quiconque est susceptible d’être soupçonné de mauvaises intentions contre le régime en place, n’est à l’abri d’un enlèvement brutal et de traitement inhumain dans la forêt du Banco. Quand un heureux survivant raconte son terrible passage dans ce camp de concentration il en faut du courage pour ne pas trembler de peur et écraser une larme au vu des stigmates de la violence exercée sur son corps. C’est horrible ! C’est impensable !

 

 

C. M. partagé entre la crainte d’être retrouvé demain par ses bourreaux, après la parution certaine de son récit dans le journal et la révolte que lui inspire la souffrance vécue en ces lieux, cherche quelquefois les mots pour décrire ce qu’il a vu et entendu. Puis quand le débit devient spontané et régulier, des larmes perlent alors ses joues, la voix devient tremblante et soudain le regard absent. « C’est difficile à raconter, marmonne-t-il. Je suis là en face de vous mais je m’interroge encore si je suis vraiment capable de dire avec les mots qui conviennent mon cauchemar ».

 

 

Il a été arrêté le matin du 08 mai alors qu’il venait régler la facture CIE de son oncle à l’agence de la compagnie d’électricité à Niangon. Quand il franchit l’entrée et se dirige vers la caisse, il est hélé par les vigiles. Invité à revenir sur ses pas, C. M. se retrouve nez à nez avec des éléments en tenue militaire qui lui intiment immédiatement l’ordre de les suivre pour prendre place à bord de leur véhicule de commandement. « Pourquoi ? Qu’est-ce que j’ai fait ? », Interroge-t-il. Plutôt que de recevoir des explications, dit-il, il est brutalisé et conduit de force au véhicule.

 

 

« Il était environ 10h lorsque j’ai été enlevé, mais jusqu’à 18h, précise-t-il, nous avons fait le tour de toute la commune de Yopougon sans qu’on me dise ce qu’on me reproche.» Au fur et à mesure que dure cette balade forcée à travers la plus vaste commune de Côte d’Ivoire, les éléments en tenue militaire procèdent à plusieurs autres arrestations. « Le soir, après 18h, le véhicule a pris la direction de la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA). J’ai été pris de frayeur, confesse-t-il ? ». Mais, alors qu’il est envahi par la peur d’être conduit dans cette célèbre prison, sans raison apparente et sans aucune forme de procès, le 4×4 militaire passe à vive allure sans marquer d’arrêt au niveau de la MACA. Il avance et, plus loin, bifurque à droite et, par une piste à travers le bois, fonce, fonce et fonce dans la forêt du Banco.

 

 

C. M. est plus que jamais terrifié par la peur. « En une fraction de seconde j’ai tout imaginé sauf être aujourd’hui en face de vous pour expliquer ce qu’on a vécu », se rappelle-t-il. Pendant que le véhicule poursuit son chemin dans la forêt, C. M. fait intérieurement des prières, certain qu’il vit là effectivement les derniers instants de son existence sur terre. Il avait déjà entendu parler des enlèvements et des exécutions extrajudiciaires qui ont ouvert et jalonné la crise ivoirienne mais jamais il ne s’était interrogé sur les méthodes d’arrestation et les lieux d’accomplissement de ces projets macabres. « Je m’interrogeais encore lorsque soudain on nous a dit : descendez », raconte C. M. avant de soupirer les yeux larmoyants : « nous étions loin, mes compagnons d’infortune et moi, de nous imaginer que ce soir-là venait de débuter pour nous les plus longues journées et les plus longues nuits d’un calvaire indescriptible. Je n’avais jamais pensé qu’au sein de la forêt du Banco il y avait des constructions habitables, ajoute C. M. »

 

 

Mais il avoue que sa surprise a été grande le lendemain de constater que l’endroit qui les accueillait était une enclave de six bâtiments dont deux servent de cellules de détention tandis que les quatre autres sont utilisés comme dortoirs par ceux qui gouvernent les lieux : plusieurs éléments en tenue militaire dont le chef se surnomme waraba et une quinzaine de dozos. Il affirme que dès leur arrivée ils ont été obligés de se mettre en tenue d’Adam avant d’être enfermés dans la cellule. « Peu après ils m’ont fait sortir pour me soumettre à un interrogatoire serré, poursuit-il. Ils m’ont violemment projeté à terre et, très menaçants, ils m’ont traité de milicien à abattre. Lorsque j’ai répondu que je n’en étais pas un, ils m’ont roué sans arrêt de violents coups en me disant que tous les miliciens disent la même chose quand on les arrête. J’étais très affaibli lorsqu’ils m’ont demandé de rejoindre la cellule. Mais ils m’ont prévenu qu’ils avaient des moyens pour me faire dire la vérité ».

 

 

Le lendemain 09 mai, on sort les « détenus » à tour de rôle pour l’interrogatoire promis : « sous une bâche dressée dans la cour, une table se tient qui sert de salle à manger mais aussi à l’interrogatoire ; un fourneau, contenant des baguettes de fer incandescentes est posé là à côté de celui qui doit conduire l’interrogatoire. » Puis C. M. s’entend dire : « Toi là viens ici ! Tu ne veux pas reconnaitre que tu es milicien non ? On va voir si tu peux tenir longtemps. Puis un jeune en tenue militaire beaucoup plus excité a retiré des braises du fourneau une baguette de fer et, pendant que l’autre continuait de m’assener de questions, il l’a posé sur mon dos nu à plusieurs reprises. Chaque fois que je criais de douleur, celui qui conduisait l’interrogatoire s’étonnait et me disait qu’il déplore qu’un garçon comme moi je ne puisse retenir ses pleurs ».

 

 

C. M. en est fortement marqué. Moralement et physiquement. A tel point qu’il paraît encore ressentir la douleur du fer chauffé lorsqu’il relève sa chemise pour nous présenter son dos zébré de plusieurs petites plaies profondes. « Je ne sais pas comment vous le dire mais nous avons trop souffert », marmonne-t-il. Selon lui chaque jour apporte son lot de « raflés » qui sont repartis dans les cellules en fonction des sexes : « Quel que soit le groupe, tout le monde est nu dans la cellule. Les gens abusent fréquemment des filles qui sont généralement des prostituées. »



A en croire C. M. les garçons ne sont pas en reste. « Un jour, raconte-t-il, une jeune fille en tenue militaire a fait sortir de la cellule un de nos compagnons de fortune. Elle s’est mise à jouer avec ses parties génitales lorsque…vlan ! Un coup de pied à son bas-ventre. » Ces scènes, selon C. M. constituent le vécu des incarcérés de la forêt du Banco. Mais leurs bourreaux trouvent le temps à consacrer à des sorties sur la ville d’où ils reviennent souvent avec de nouveaux « raflés », des téléphones portables, des téléviseurs…et aussi de la drogue. « Pendant les quartiers libres ils s’en donnent à cœur joie », précise C. M. Mais quelquefois il peut se produire le pire :

« Un jour, prétendant accorder la liberté à un détenu, ils lui ont demandé de sortir de la cellule et lui ont indiqué un chemin à emprunter. Apparemment le détenu flairait quelque chose. Il ne voulait pas bouger. Mais quand finalement il s’est décidé à avancer sur le chemin qu’on lui indiquait un élément s’est proposé de l’accompagner. Celui-ci est revenu quelques instants après, tout heureux d’avoir réalisé quelque chose ». Qu’est-ce que cela pouvait bien être ? « L’atmosphère est devenue subitement lourde dans notre cellule. Moi je suis resté pensif tout le reste de la journée », confie C. M.

Il ajoute qu’en dix jours de présence en ce lieu, il a vu se produire deux fois pareille scène. « Les rôles sont bien repartis entre eux : les éléments en tenue militaire viennent par équipe en ville pour effectuer des arrestations et ramener un butin à se partager, et les dozos, eux, font la chasse pour le repas quotidien. Bien sûr ils reçoivent de la nourriture de la ville mais ils préfèrent la servir aux détenus. Nous sommes alors tenus de vider les plats sinon… », formule difficilement C. M, la gorge presque nouée. Les journées des incarcérés de la forêt du Banco sont meublées par la torture physique et morale mais aussi des travaux d’entretien du domaine qui fait office de camp militaire. Heureusement que pour C. M. et ses compagnons la providence va ouvrir les portes de la liberté le 18 mai : « des éléments du contingent béninois de l’ONUCI sont arrivés. Mais avant qu’ils n’atteignent les lieux, ceux qui nous surveillaient ont disparu dans la forêt.



Quand les militaires de l’ONUCI sont venus, ils ont jeté un coup d’œil rapide et ils voulaient repartir. Mais un parmi nous a crié pour les alerter. Ils nous ont demandé ce qu’on faisait là et donné l’impression de s’étonner devant le traitement qu’on subissait. Ce qui nous a étonnés c’est qu’ils ont ajouté que s’ils avaient trouvé ceux qui nous ont mis là, ils n’allaient pas nous libérer parce qu’ils ne savaient pas ce qu’on avait fait pour être enfermés. Ils nous ont sortis des cellules et nous ont transporté jusque sur l’autoroute du nord mais ils ont refusé de prendre nos contacts et nous ont dit de ne pas chercher à les recontacter. Ils disent qu’ils ne veulent pas s’attirer des ennuis. Ils ont insisté pour qu’on ne dise rien sur eux, mais après réflexion et malgré la peur j’ai décidé de faire savoir ce qui se passe dans la forêt du Banco pour que l’opinion nationale et internationale sache ce qui menace chacun de nous ». En vérité, c’est une pierre dans le jardin du gouvernement qui communique en ce moment-ci sur le retrait des FRCI de plusieurs lieux qui ne leur sont pas destinés, au plus tard fin juin.



Source: Aujourd’hui

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Dimanche 3 juin 2012 7 03 /06 /Juin /2012 10:20

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Cela fut possible sous le régime du Président Laurent Gbagbo avec la première Dame Simone Ehivet Gbagbo, comme le montre si bien cette image…

 

Bonne fête Maman, bonne fête à toutes les mères surtout à celles qui ont perdu un enfant dans cette crise ivoirienne

 

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Samedi 2 juin 2012 6 02 /06 /Juin /2012 19:14

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A la cérémonie de la rentrée solennelle de l’Académie des Sciences et Cultures d’Afrique et de la Diaspora (ASCAD) organisée le lundi 21 mai 2012, Ouattara s’est cru obligé de se présenter au pupitre de cette auguste assemblée pour répondre au message de bienvenue qui lui était adressée par ses hôtes du jour, les académiciens africains et de la diaspora. Là encore, au lieu de dire juste ce qu’il sait, le chef de l’Etat va pondre un mensonge en affirmant que le fondateur de cette structure des sommités du monde noire, le Professeur Harris Memel Foté, cet émérite ethno-sociologue, savant ivoirien de notre époque, venait se confier à lui jusqu’en 2009. Ces propos, loin de convaincre le parterre d’invités présents à cette cérémonie nous interpelle à plus d’un titre d’autant plus qu’ils ont eu l’avantage d’échapper même à la presse présente. Cette dernière bien que présente n’a pu prêter attention pour déceler une fois de plus le mensonge produit par Ouattara.  Je m’autorise ici à apporter avec critique la contradiction aux propos de Dramane qui pour ses ouailles, sont l’évangile quotidien que leur chante leur champion. Je ferai cette analyse à deux niveaux, à savoir dans la forme et dans le fond.


Dans la forme, l’individu Ouattara affirme avoir été en contact avec le Professeur Harris Memel Foté jusqu’en 2009. Ouattara étale ici toute sa laideur dans le mensonge, parce que, le savant ivoirien est décédé le dimanche 11 mai 2008. Ouattara peut-il nous dire comment il a pu être en contact avec ‘’la Montagne’’ (terme désignant la sommité Harris Memel) Foté jusqu’en 2009.


Assurément, Dramane a ressuscité d’entre les morts le professeur qui a rejoint la félicité divine, ce dimanche de mai 2008 pour le « tuer » définitivement en 2009. On peut se demander, est-ce Ouattara qui est véritablement  menteur ou son service de communication qui ne sait pas trop comment le coacher, tellement notre chef d’Etat dit des mensonges. A la vérité, son service de communication n’a rien à y voir parce que l’individu est un menteur né. On se rappelle ce soir du mardi 18 février 1992, lorsque Ouattara encore premier et dernier Premier Ministre du Président Félix Houphouet Boigny, affirmait devant la presse nationale et internationale avoir vu le Secrétaire Général du Front Populaire Ivoirien (FPI) d’alors, Laurent GBAGBO casser des bus, des véhicules privés et des vitrines au Plateau, le centre des affaires, au cœur d’Abidjan, avec un gourdin pendant la marche historique organisée par ce parti et gazée et réprimée dans le sang par le pouvoir PDCI. I


l n'y a pas deux semaines, celui ci affirmait sur RFI que l'aide d'urgence concédée par la France après son installation a servi à payer les arriérés de salaire que Gbagbo n'a pas versé. Nous voulons comprendre avec le chef d’Etat qui nous expliquera de quels arriérés est ce qu’il s’agit. Avec le Président Gbagbo, les fonctionnaires ivoiriens sans exception, ont perçu régulièrement leur salaire jusqu’au mois de février.  Celui de mars avait été positionné et les ivoiriens s’apprêtaient à passer aux guichets lorsque Ouattara a transporté sa sale guerre à Abidjan en y déversant ces dozos et ces miliciens venus tout droit du Burkina Faso.


Pendant le mois d’avril celui-ci a livré sa guerre aux ivoiriens et a empêché ceux-ci de se faire payer dans leurs banque respective que Ouattara a pris soin de fermer par les soins de la France. D’où vient-il donc que le sieur Dramane parle d’arriérés. Là encore un autre mensonge créé de toutes pièces pour des arriérés de salaires qui n’existent que dans son esprit. Aussi,  Ouattara a parlé de ‘’rattrapage ethnique’’ (ressortissant du nord ivoirien) sur France 24 encore vivace dans tous les esprits. Outrée par ce comportement tribal, la presse l'a interpellé. Là encore, ce dernier  a affirmé n’avoir jamais tenu de tels propos. Quel ‘’honteux cinéma présidentiel’’ ! Sous nos yeux, pendant sa campagne, Ouattara promettait des milliards à toutes les villes visitées. Aujourd’hui, arrivé au pouvoir par effraction, Ouattara peut-il regarder les ivoiriens pour leur dire où se trouvent ces milliards promis et les cinq universités prévues pour les cinq ans de son ‘’règne’’ dont une chaque année ? La conséquence est que nous devons en ce moment voir déjà deux universités sortir de terre. Mais que rien jusqu’à ce jour et une question nous taraude l’esprit. Ouattara, où sont nos milliards et nos deux universités ? Si les propos de Ouattara dévoilent déjà des mensonges au niveau de la forme ; analysons ceux-ci dans le fond !


Dans le fond, le Professeur Harris Memel Foté que nous connaissons a de toute sa vie vécu dans la sobriété et l’humilité la plus totale. Feu mon père et Feu le Professeur Harris Memel Foté sont de la même classe d'âge des M'Bédié (Une des 7 classes d’âge du système politique de l’adioukrou)  et s'étaient lié d'amitié depuis leur initiation à leur majorité. Mon père lui, un militant pdci confirmé qui passait tout son temps à interpeller le Professeur Harris Memel Foté, son ''mal'' (promotionnaire de classe d’âge)  de rejoindre Houphouet Boigny pour le développement du lèbùtù (communauté adioukrou ou ensemble des villages adioukrou) même si sa politique ne lui plaisait pas. Et le Professeur Harris de répondre qu'il s'est juré fidélité de parole de ne jamais trahir sa conscience en se compromettant avec le Président Félix Houphouet Boigny. Il ajoutera que jamais, il n'ira se prosterner devant un humain pour demander ce qui revient de droit au peuple et qui doit lui être donné sans contre partie; et que seul Dieu lui sera témoin dans ses actes. Avait-il bien fait? Je ne peux le juger puisque moi-même humain; car seul Dieu est le juge suprême.


Lui, Foté la ‘’Montagne’’ du lèbùtù qui a osé s'opposer au vénéré baobab Houphouet, a subitement oublié au soir de sa vie le vœu pieux de sa non compromission fait devant ses parents de Bobor et Dibr'm lok (les 2 fédérations de Bouboury (Bobor) et Débremou (Dibr’m) formant le peuple Adioukrou) pour d'indécents apartés avec Ouattara! Ce monsieur est vraiment un fieffé menteur!


QUOI!!! Foté Memel Harris venir se confier à toi, pour te dire quoi au point que toi, Ouattara la solution à tous les maux du monde le ressuscite d'entre les morts à partir de la date fatidique du 11 mai 2008 où Dieu venait de l'appeler auprès de lui, pour le tuer à nouveau un an plus tard c'est à dire en 2009, nouvelle date d'invention (?) du décès de notre ''léwi''(Grand homme, Le Maitre, Vénéré personnage, Haute et distinguée personnalité). Ouattara peut-il parler ainsi de l'homme qui a sacrifié toute sa vie d'intellectuel à vivre humblement au milieu des siens, au lieu de s'humilier aux pieds du tout puissant Houphouet pour une vie aisée comme cela a été le cas pour biens de personnalités dans ce pays.


Le Professeur Harris Memel Foté est l'homme qui n'a pas attendu que Gbagbo aille vers lui pour le recruter comme militant du FPI et qui en voyant les idées constructives et progressistes de ce parti a pris sur lui, le courage de s'aligner comme n'importe qui pour prendre sa carte de militant et non aller se confier à Gbagbo pour lui dire son affection et son admiration. Rien qu’en prenant aligné dans un rang, comme tout le monde, sa carte de militant du Front Populaire Ivoirien, le Professeur Harris marquait d’un signe son adhésion à ce parti et n’avait donc pas besoin de se confier au premier responsable de cette formation politique, Laurent Gbagbo. Même, pendant que le Président Gbagbo était aux affaires, le Professeur Harris n’est jamais allé se confier à ce dernier, pas parce qu’il ne pouvait pas ou qu’il ne voulait pas le faire tout simplement, mais cela faisait parti de sa philosophie, de sa vison des choses et selon nous qui l’avions connu, parce qu’il pouvait peut-être s’estimer ennuyant, vu ces propos prononcés sur ces sujets. Pour information, pendant la 9 ème législature où le Président Gbagbo était locataire du palais du Plateau, le Professeur Harris louait des véhicules pour ses déplacements ; ce qui paraissait insolite d’autant plus qu’informé, le Président Gbagbo lui a fait venir une rutilante qu’il a catégoriquement refusé et des témoins sont encore là, bien vivants pour en attester. C'est donc ce personnage hors pair qui ira se prosterner devant Ado, et pour lui demander quoi?  

 

Aujourd’hui plus que jamais, Ouattara vient de nous convaincre de sa méconnaissance des sommités de cette nation et il a vraiment besoin de s'informer sur la vie de cet illustre ‘’human being’’ Harris Memel Foté, savant incontesté, ex-membre enseignant du ‘’Collège de France’’.

 

Sacré Ouattara! Tu ne cesseras de nous surprendre car nous savons que depuis ta naissance, tout ce qui te concerne n'est que surprise et rien ne nous étonne!

 

Emliss Siffine

Par thruthway - Publié dans : Actualités politiques - Communauté : Vos blogs
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Samedi 2 juin 2012 6 02 /06 /Juin /2012 16:00

http://www.penseesnoires.info/wp-content/uploads/2011/08/jeune11.jpg

 

Lu pour vous dans le journal français « Libération »

Un an après l’accession de Ouattara au pouvoir, le pays reste divisé et n’arrive pas à sortir de la crise sociale et du tribalisme.

Par FANNY PIGEAUD Correspondante à Abidjan

Drôle d’ambiance à Abidjan : un an après la chute de Laurent Gbagbo et l’investiture d’Alassane Ouattara à la présidence, le 21 mai 2011, les Ivoiriens attendent toujours une reprise économique qui ne vient pas. Le Fonds monétaire international (FMI) table pourtant sur un taux de croissance de 8% pour l’année en cours. Et de nombreux potentiels investisseurs étrangers se pressent à Abidjan. Mais, pour l’instant, rien de bien concret à la clé. «L’activité ne décolle pas, l’argent ne circule pas. On n’arrive pas à se faire payer par nos clients, les chantiers sont à l’arrêt, regrette le gérant d’une PME installée dans le quartier des affaires du Plateau. Si ça continue, on va être obligé de mettre des employés au chômage technique.»

 

Pendant ce temps, les prix augmentent malgré des mesures gouvernementales «contre la vie chère». «C’est normal que les gens se plaignent. Le pays revient de loin», explique Joël N’Guessan, responsable du Rassemblement des républicains (RDR, le parti au pouvoir). «L’essentiel de l’effort a été jusqu’ici porté sur ce qui avait été détruit avant et pendant la crise postélectorale, notamment les routes. Le président doit bientôt lancer de grands chantiers pourvoyeurs d’emplois. A partir de septembre, les Ivoiriens devraient sentir que les choses s’améliorent», promet-il.

 

Trafic de cacao. D’autres éléments pourraient expliquer la situation, comme la piètre qualité de la gouvernance dans les administrations. «Les modalités de recrutement et de promotion des fonctionnaires n’ont pas changé, souligne Patrick N’Gouan, président de la Convention de la société civile ivoirienne. Ce n’est pas la compétence qui joue, mais toujours le tribalisme et le népotisme.» Cela commence à la présidence : plusieurs membres de la famille de Ouattara sont devenus ses conseillers, un de ses frères est ministre chargé des Affaires présidentielles. Le niveau de la corruption reste en outre élevé, d’importants trafics, notamment de cacao, perdurent.

 

Le système d’imposition illégal, institué par la rébellion des Forces nouvelles (FN) dans le nord de la Côte-d’Ivoire entre 2002 et 2011, «loin d’avoir disparu, s’est au contraire étendu au sud du pays», s’alarme un récent rapport de l’ONU. Plusieurs ministres, qui figuraient déjà dans les gouvernements d’union nationale imposés à Laurent Gbagbo par les accords de paix passés avec les FN, ont mauvaise réputation. «On pensait que Ouattara les écarterait après les législatives [de décembre 2011, ndlr], mais ça n’a pas été le cas», explique un diplomate. Le 22 mai, le Président a tout de même limogé un ministre, après que des médias eurent révélé l’existence d’une enquête policière : Adama Bictogo, également député du RDR, est ainsi soupçonné d’avoir détourné, avec d’autres et avant qu’il ne soit ministre, une partie des indemnités destinées aux victimes de la société Trafigura, qui avait déversé en 2006 des déchets toxiques à Abidjan.

 

«Climat de terreur». Par ailleurs, même si elle s’est considérablement améliorée en un an, la situation sécuritaire n’est pas non plus encore de nature à rassurer les milieux économiques. Des rumeurs circulent évoquant des tentatives de «déstabilisation» par des officiers en exil dans les pays voisins, où ils sont plusieurs centaines. L’ONU vient d’intensifier ses patrouilles à certaines frontières, comme mesure de «dissuasion».

 

A l’intérieur du pays comme dans la capitale Abidjan, les braquages sont nombreux. La plupart sont commis par des ex-combattants qui ont aidé Ouattara à s’installer au pouvoir, mais n’ont pas été intégrés au sein des Forces républicaines de Côte-d’Ivoire (FRCI), la nouvelle armée. Pour ces hommes, «leur arme est un moyen d’assurer leur survie alimentaire», commente N’Guessan, précisant que la question de leur démobilisation préoccupe les autorités. Quant à la police et à la gendarmerie, elles ne peuvent jouer leur rôle : soupçonnées d’être pro-Gbagbo, ces forces ne sont pas armées. Les FRCI elles-mêmes n’ont la confiance de personne, pas même du Président, dont la sécurité est assurée par des militaires burkinabés et par les forces de l’ONU.

 

D’après une source onusienne, les FRCI, essentiellement commandées par des éléments issus des FN, entretiennent «un climat de terreur» à l’ouest et au sud du pays. Dans ces régions réputées favorables à l’ancien président Laurent Gbagbo, sévissent aussi partout des «milices» de dozos, des chasseurs traditionnels venus du nord du pays et proches du pouvoir. Depuis début mai, les FRCI effectuent «des rafles dans différents quartiers d’Abidjan. Pourquoi, on ne sait pas bien. Les gens sont amenés dans des camps [des FRCI, ndlr]. Ils peuvent y rester plus de soixante-douze heures sans raison», s’inquiète Kouamé Adjoumani Pierre, vice-président de la Ligue ivoirienne des droits de l’homme.

 

Ces opérations sont-elles destinées, comme le pensent des observateurs, à prévenir des manifestations de soutien à Gbagbo à l’approche de son audition, prévue le 18 juin devant la Cour pénale internationale à La Haye, où il est en détention depuis novembre 2011 ? En tout cas, elles ne contribuent pas à la «réconciliation nationale»,prônée par les autorités et nécessaire pour une reprise économique, mais «à laquelle personne ne croit», selon une source diplomatique.

 

La justice, par exemple, donne toujours l’impression d’être partiale : une cinquantaine de membres du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de Gbagbo, et une centaine de militaires arrêtés en même temps que l’ex-président, sont incarcérés, en attente de jugement depuis avril 2011. Mais aucun de ceux qui, dans le camp d’Alassane Ouattara, sont soupçonnés d’avoir commis des crimes contre l’humanité lors de la crise, n’a été inquiété. «Ça va arriver, tempère N’Guessan. Pour mener des enquêtes sérieuses, il faut du temps.»

Par thruthway - Publié dans : Actualités politiques - Communauté : Vos blogs
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